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La lutte armée (1881-1956)

 

Invasion française et résistance populaire

 

 

La sédition permanente

 

Le corps expéditionnaire français qui débarqua en Tunisie formait une puissante armée, forte de trente mille soldats expérimentés et équipés d’un matériel de guerre sophistiqué. En face se trouvait une armée beylicale moribonde de mille huit cents combattants réguliers, mille makhzéniens, cinq cents Zwawa et autant de Turcs, disposant uniquement de onze canons. Le bey Muhammad Sadok ordonna, en outre, à ses troupes de n’opposer aucune résistance. Il pensait, à tort, que cette invasion massive n’était qu’une simple expédition punitive destinée à châtier les tribus frontalières de l’Algérie (les Khmirs).

Malgré le refus de Arbi Zarrouk, le bey signa le traité du Bardo (12 mai 1881) imposant à la régence la tutelle de Paris. L’armée française commença de son côté à se répandre dans le pays où elle se heurta aux dures réalités de la nouvelle colonie.

Les représentants des tribus des steppes se réunirent à la Grande mosquée de Kairouan (15 – 20 juin 1881) sous la présidence de Ali ibn Khalifa, et élaborèrent une charte d’honneur appelant à la poursuite de la résistance armée en dépit de la capitulation des autorités beylicales. La lutte s’organisa aussi dans d’autres régions du pays autour des tribus du Nord, du Nord-Ouest (Khmir, ‘Amdun, Shihiyya), du Sahel et du Centre (Awlad Saïd, Djlass, Suwassi, Mthalith, Mhadhba). Des troupes régulières, qui refusèrent le traité, rejoignirent les rangs de la résistance, à l’instar de celles de Muhammad al-Sharif, commandant des artilleurs de Sfax. Mais la ville défendue par cinq cents combattants équipés d’armes légères, ne put opposer qu’une résistance désespérée à une escadre forte de dix-sept vaisseaux de ligne montés par six cents soldats et équipés de cent cinquante et un canons.

La supériorité numérique et logistique des Français décida de l’issue des affrontements dont le bilan fut lourd pour les Tunisiens (800 à 1000 martyrs). L’envahisseur n’avait, quant à lui, laissé sur le champ de bataille qu’une quarantaine de morts.

 

La lutte armée dans le Sud et le Sahel

 

Sfax capitula après une résistance héroïque, ce qui avait permis aux troupes françaises de progresser vers Gabès où elles rencontrèrent, également, une opposition farouche qui les empêcha, à plusieurs reprises, de débarquer sur les côtes. Elle attendirent le mois de novembre pour mettre définitivement la main sur la cité. Les clans de Naffat, Banu Zid et Djazm, renforcés par de nombreux volontaires embusqués dans ses parages, continuèrent à les harceler, sous la conduite de Ali ibn Khalifa, et leur infligèrent de sérieuses pertes humaines.

À l’automne 1881, les forces françaises se sont dirigées vers le Sahel afin de soumettre la portion centrale du littoral. Dans tous les bourgs et toutes les villes, elles on dû livrer de durs combats à la résistance inattendue des autochtones, renforcés par de nombreux soldats de l’armée beylicale qui préfèrent embrasser la cause du peuple. Parmi les affrontements les plus sanglants figure la bataille de l’oued Laya (12 – 18 octobre 1881).

Dans le centre du pays, les tribus des Hmama, Madjir, Awlad ‘Ayyar, Awlad ‘Un, Frashish, Radhwan et Awlad Aziz tentèrent d’organiser la résistance afin d’empêcher les Français de marcher sur la ville sainte de Kairouan. La cité tomba, cependant, entre les mains de l’envahisseur suite à la capitulation des citadins qui craignaient la destruction des sanctuaires hautement symboliques.

Après l’abdication d’une grande partie des tribus et des agglomérations, Ali ibn Khalifa se dirigea avec ses irréductibles guerriers vers la frontière libyenne. De là, il continua, jusqu’à sa mort (1885), à harceler les positions françaises et à ravager les biens des collaborateurs.

Après la pacification du pays, l’armée d’occupation fut réorganisée et répartie en douze régiments d’infanterie, de cavalerie et d’artillerie. Les unités étaient mixtes et comptaient une majorité de Français, des Tunisiens et quelques spahis volontaires d’Algérie. Vers la même époque fut créée une garde beylicale, forte de six cents soldats, destinée à la surveillance des palais et à l’encadrement des réceptions et des cérémonies officielles.

On peut dire, sans risque d’erreur, que l’invasion de la Tunisie ne fut pas une promenade comme le pensaient au départ les stratèges français. Elle se heurta à la résistance farouche des tribus ralliées par une partie des troupes beylicales qui refusèrent le fait accompli. Mais le manque d’armes et de munitions, ainsi que l’absence de coordination entre les divers mouvements de résistance éparpillés à travers le pays, empêchèrent la poursuite de la lutte armée et condamnèrent les Tunisiens à subir, pendant de longues décennies, les affres de la colonisation.

 

Le soulèvement de 1906

 

La confiscation des terres des autochtones dans la région de Thala - Kasserine, provoqua la révolte des Frashish. Ce soulèvement de courte durée (26 – 27 avril) fut durement réprimé.

 

Les évènements ’al-Djallaz (1911)

 

L’invasion de la Libye par les Italiens (29 septembre 1911) attisa le sentiment d’humiliation chez les Tunisiens. C’est dans ce contexte particulier que s’est déclenchée l’émeute du cimetière d’al-Djallaz.

Les évènements furent provoqués par la tentative de la municipalité de Tunis d’immatriculer la nécropole et de l’intégrer au domaine municipal. Le terrain sur lequel elle était aménagée était, en effet, à l’origine un henshir habouss dès le Moyen Âge, don de l’ascète kairouanais Muhammad al-Djallaz pour abriter les sépultures des musulmans. Sa valeur symbolique était d’autant plus grande qu’elle abritait la grotte du célèbre soufi Abu al-Hasan al-Shaduli.

Ce projet suscita une vague de colère et d’indignation dans les rangs des habitants de la capitale. Elle fut attisée par les rumeurs évoquant la confiscation du cimetière afin de faciliter le passage d’une ligne de tramway et d’une route urbaine. Ces soupçons on été confirmés par des affiches murales placardées sur les murs de Tunis, à travers lesquelles le maire Sadok Ghlib, qui au fond de lui-même n’approuvait pas l’opération, demandait aux gens de se prononcer sur la question.

Après que la police eût fermé et encerclé la nécropole, des manifestants furent arrêtés pour insulte au maire. Le commissaire Eusébio avait promis de les libérer, mais l’émeute se généralisa et la police tira sur un civil. Les affrontements durèrent toute la journée du 7 novembre 1911 et furent davantage attisés par l’intervention des Italiens venus soutenir les forces de sécurité. Les manifestants ont, de leur côté, riposté à l’aide de pierres, de bâtons et d’armes blanches. Quatorze Tunisiens et dix Européens (Français et Italiens) furent tués. On enregistra, en outre, une centaine de blessés.

À la suite de cette journée sanglante, les autorités françaises promulguèrent les lois d’exception portant atteinte à la liberté d’expression. Plus de huit cents Tunisiens furent arrêtés, soixante douze d’entre eux passèrent en jugement le 3 juin 1912. Sept furent condamnés à mort, un aux travaux forcés à perpétuité, et vingt-huit écopèrent de peines oscillant entre vingt ans et trois mois. Les trente-six autres furent acquittés.

Malgré leur caractère limité, les évènements de 1911 montrèrent que les relations avec la puissance colonisatrice étaient explosives. N’importe quelle atteinte, aussi minime soit-elle, aux us des habitants, pouvait mettre le feu aux poudres. Ce constat d’échec poussa la France à adopter une nouvelle politique visant à gagner l’adhésion des notables, des religieux et des chefs des confréries maraboutiques.

 

Le soulèvement du Sud-Est (1915-1916)

 

 

 La première guerre mondiale qui avait opposé la France, l’Angleterre et l’Italie à une alliance formée par l’Allemagne, l’Autriche-Hongrie et l’Empire ottoman, a eu des effets directs sur la Tunisie, notamment les soixante-dix mille de ses enfants qui furent mobilisés. Dans le but de créer un front intérieur, la Porte et l’Allemagne diffusèrent des tracts appelant les Tunisiens à la désobéissance. La campagne provoqua l’insurrection des tribus du Sud-Est, qui fut un des plus grands jalons de la résistance armée. C’est également au cours de ces affrontements que le terme Fellaga(s) (partisans) est apparu.

Dès les premiers remous, les autorités françaises jetèrent en prison les notables du clan des Wadarna, provoquant ainsi un soulèvement généralisé. Les insurgés passèrent une alliance avec le Libyen Khalifa ibn ‘Askir, en lutte contre les Italiens, rassemblèrent leurs forces et commencèrent à harceler les positions méridionales françaises. Entre 1915 et 1918, quarante trois passes d’armes opposèrent les deux camps. Les deux plus importantes furent les batailles de Dhiba – Um al-Swiq (15 septembre – 09 octobre 1915) et de Dhiba – Remada (18 – 30 juin 1916).

Pour mettre fin à la guerre d’usure menée par les Wadarna et empêcher les infiltrations à partir de la frontière tripolitaine, les autorités françaises réussirent à conclure un traité avantageux avec Khalifa ibn ‘Askir. Il engageait le chef de guerre libyen à n’apporter ni aide ni protection aux insurgés tunisiens. Le résultat fut l’essoufflement, puis la fin de l’insurrection. Seuls Daghbaji et Béchir ibn Sdira continuèrent à résister jusqu’à 1920. Malgré l’accalmie, l’armée française continua sa politique de la terre brûlée, bombardant les villages et assassinant les prisonniers.

Les sources divergent sur les pertes de chaque camp. Les Français reconnaissent 387 tués et 332 blessés dans leurs rangs, 250 victimes et 74 blessés parmi les Tunisiens. Les milieux de la résistance dressent, quant à eux, un bilan plus lourd : 1181 morts et 356 blessés français, mais uniquement 127 martyrs locaux.

Outre la défection de l’allié tripolitain, plusieurs facteurs expliquent l’épuisement du soulèvement. Les plus importants furent l’inexistence d’un commandement unifié, l’absence de soutien extérieur et la faiblesse de l’armement, face à une armée française équipée d’avions et de mitrailleuses.

Le soulèvement  des Mrazigue (1943-1944)

 

Le cadre général de cette insurrection fut le long conflit qui opposa les forces de l’Axe aux Alliés, sur le sol tunisien, lors de la seconde guerre mondiale.

Le 18 novembre 1942, le général Barré tenta de rejoindre les forces françaises libres du général De Gaulle. Voulant lui venir en aide, d’autres officiers essayèrent d’entraîner avec eux des soldats Mrazigue. Ces derniers refusèrent d’obtempérer et se réfugièrent à Douz, emportant avec eux leurs armes. Pour les punir, des troupes postées dans les environs attaquèrent et pillèrent les habitants. La résistance s’organisa alors sous le commandement de sept combattants, originaires d’al-Awina (surnommée Awina fallaga). La première passe d’armes a eu lieu le 1er janvier 1943, mais les escarmouches continuèrent jusqu’à l’entrée des forces britanniques à Douz. Les troupes sahariennes françaises en profitèrent alors pour se venger des Mrazigue, arrêtant les hommes et pillant les biens, ce qui provoqua un cycle plus violent d’insurrections, marqué par quatre batailles principales :

– La bataille de Douz (29 mai 1944) dirigée par Ali al-Sid.

– La bataille de la Ghaba de Tamazrit (24 juin 1944).

Les femmes participèrent à ce conflit au cours duquel la résistance infligea de lourdes pertes humaines aux Français et s’empara d’une grande quantité d’armes et de munitions.

– La bataille de Kaf ben Askir a eu lieu à l’intérieur des frontières libyennes, entre les insurgés tunisiens et les troupes françaises qui les poursuivaient.

Ce front se calma pas la suite, pour laisser la place à quelques escarmouches sporadiques qui n’avaient aucune commune mesure avec le mouvement de résistance fortement structuré qui éclata par la suite à Zaramdine (Fallagas de Zaramdine, 1944-1948). Entre 1948 et 1952, des négociations politiques furent ouvertes, mais leur échec radicalisa la résistance et ouvrit la porte aux grandes rébellions qui précédèrent l’indépendance.

 

L’insurrection (1952-1954)

 

À l’appel du Parti destourien et de l’Union générale tunisienne du travail, une vague de manifestations et de confrontations (16 – 17 – 18 janvier 1950) déferla sur Bizerte, Mateur et Ferryville (Menzel Bourguiba). Elle fut suivie par l’arrestation de nombreux cadres destouriens, communistes et syndicalistes. Deux ans plus tard (janvier 1952) éclata la crise politique qui déclencha le mouvement de résistance généralisé connu sous le nom du « mouvement des Fellagas » (1952-1954). La rupture fut provoquée par le refus français des revendications tunisiennes, présentées par le premier ministre Mhammed Chenik, sous forme d’un mémorandum sur les moyens d’aboutir à l’autonomie interne, au ministre français des Affaires étrangères Robert Schuman, le 31 octobre 1951. La France opposa (le 15 décembre 1951) une fin de non recevoir à cette demande de double souveraineté, entraînant ainsi une rupture politique avec les nationalistes dans une conjoncture marquée par une sérieuse aggravation de la crise économique et sociale.

 

La radicalisation de la lutte armée (1952-1954)

 

Les premiers noyaux de la résistance armée se développèrent dans les milieux tribaux et ruraux. Elle fut récupérée, suite à ses succès, par le nouveau Parti destourien qui allait l’encadrer et l’orienter pour en faire un moyen de pression sur les autorités françaises.

Les succès de la résistance étaient avant tout liés aux particularités du tissu social tribal, caractérisé par la dispersion des clans dans plusieurs régions. Le développement des moyens de transport engendra une cohésion plus grande entre ces contrées tout en facilitant la tâche des combattants. Cette mutation fit également des refuges tribaux une base de repli pour les résistants des villes. Le développement de l’esprit combattant, ainsi que les arsenaux d’armes laissés par les forces de l’Axe, donnèrent, en outre, une nouvelle impulsion au mouvement qui s’enracina davantage dans la société.

Une des principales difficultés fut le manque d’armement : une arme pour quatre combattants dans la région de Thala – Kasserine, une pour deux résistants dans le pays de Bizerte. On pallia, cependant, cette carence par d’autres moyens. Car la France s’est trouvée confrontée à une guérilla urbaine et rurale, utilisant des stratagèmes auxquels elle n’était pas préparée : sabotage des moyens de communication et de transport, dégradation des édifices et des bâtiments gouvernementaux, destruction des exploitations agricoles des colons et des collaborateurs.

Cinq principaux chefs encadraient les combattants :

– Mahjoub ibn Ali et Hilal al-Firchichi pour la zone Tunis-Bizerte ;

– Sassi Lassoued pour le Tell ;

– Tahar Lassoued pour la zone Sbeïtla-Rouhia ;

– Hassan ibn Abd al-Aziz pour le Centre ;

– Mesbah Jarbou‘ pour le Sud.

Les premiers foyers de la résistance furent la région d’al-Aradh (Hamma-Gabès). Elle fit très vite tâche d’huile et gagna le Nord et l’Ouest du pays. Elle bénéficia, également, d’un soutien populaire actif, matériel (dons en espèces et en nature) et logistique (acquisition d’armes, renseignement, fuite des combattants).

Les Fellagas comptaient, en 1953, environ trois mille insurgés répartis en petits groupes opérant à partir des régions montagneuses d’accès difficile. Ils menèrent en une seule année (1953-1954) cent trente quatre actions d’envergure, dont les plus importantes sont :

– La bataille de Djebel Mtir (entre Béni Khedech et Ghomrasen) où l’armée française utilisa les avions et les chars. Cinq résistants trouvèrent la mort, Mosbah Jarbou‘ fut blessé. Les Français et les collaborateurs perdirent des dizaines de victimes.

– La bataille d’al-Ghandri, dans la région de Kettana (Gabès), le 7 novembre 1953, au cours de laquelle sept insurgés furent tués.

– La bataille de Djebel ‘Orbata (Gafsa), le 9 juin 1954, qui s’est soldée par le martyre de sept résistants.

L’année 1954 marqua l’âge d’or de la lutte armée : les passes d’armes se sont multipliées, le nombre des martyrs s’est également élevé :

– Bataille de Djebel Ichkeul, 22 mai 1954 : un martyr ;

– Bataille d’Ouled Omrane, 5 juin 1954 : 7 martyrs ;

– Bataille d’Ebba Ksour, 14 juin 1954 : 9 martyrs ;

– Bataille de Djebel Haddaj, 1er septembre 1954 : 12 martyrs ;

– Bataille de Djebel Bargou, 13 septembre 1954 : 15 martyrs et 20 prisonniers ;

– Bataille de Djebel Sidi Ich, 18 septembre 1954 : 11 martyrs ;

– Bataille de Djebel Maloussi, 24 septembre 1954 : 8 martyrs ;

– Bataille de Djebel Khchem, 1er octobre 1954 : 19 martyrs ;

– Bataille de Djebel Qadhoum, 8 octobre 1954 : 22 martyrs ;

– Bataille de Djebel Tebaga/al-Hamma, 18 octobre 1954 : 10 martyrs ;

– Bataille de Djebel Sidi Ommezine (al-Rouhia), 14 octobre 1954 : 24 martyrs ;

– Bataille de Djebel Marfaq (Gafsa), 18 novembre 1954 : 20 martyrs ;

– Bataille de Djebel Ouslat, 18 novembre 1954 : 12 martyrs ;

– Seconde bataille de Djebel Sidi Ich, 21 novembre 1954 : 33 martyrs.

Comme on peut le remarquer, le nombre des martyrs augmenta progressivement et la fin de l’année 1954 fut une véritable hétacombe. Cette évolution est liée à l’utilisation massive par les Français de matériel lourd. En coupant les voies de ravitaillement, ils parvenaient à isoler les combattants tunisiens et à les priver d’armes et de munitions. Mais la guérilla urbaine s’intensifia vers la même époque. Elle prenait pour cible la police, la gendarmerie et les collaborateurs autochtones. Outre le général Durand (Sousse), les partisans tuèrent cinquante gendarmes et neuf policiers. D’autres actions prenaient pour cible les activités économiques de l’occupant et des colons (dynamitage des entrepôts, sabotage des chemins de fer et des réseaux téléphoniques). Cette nouvelle forme de résistance fut surtout une réaction à l’assassinat du leader syndicaliste Farhat Hached, le 15 décembre 1952.

Face aux succès de la résistance et à la multiplication des fronts (révolution algérienne, guerre d’Indochine), la France fut acculée à accepter les revendications des nationalistes. Le 31 juillet 1954, par la voix de Pierre Mendès-France, elle accorda à l’ancien protectorat son autonomie interne. Des négociations furent également ouvertes afin de définir les obligations de chaque partie. Le 24 novembre 1954, le nouveau gouvernement de Tahar ben Ammar (constitué le 7 août) demanda aux résistants de déposer les armes. Mais la Tunisie n’a recouvré toute sa souveraineté qu’après l’indépendance (20 mars 1956) et l’évacuation de Bizerte (15 octobre 1963).

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